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  • "Deux Mains, Haïti"

    Il est des moments où il n'est plus possible de théoriser et de regarder les autres agir à sa place. Le séisme qui a frappé mon pays le 12 janvier dernier a fait s'écrouler les distances qui existaient entre moi et mes origines, m'entraînant à agir maintenant au lieu de remettre à plus tard comme je l'avais toujours fait. Les effets du séisme sur moi m'avaient poussé à élargir ce blog à la dimension "Sociétés". Cette volonté d'agir pour Haïti me conduit à vous présenter à travers cette note l'association "Deux Mains, Haïti", une initiative dont je suis l'un des acteurs.


    "Deux Mains, Haïti" en quelques mots

    "Deux Mains, Haïti", ou encore "2MH", est une association a but non lucratif, régie par la loi 1901. Officiellement, nous existons depuis le 31 mars 2010, date d'enregistrement en préfecture. La publication de notre existence au journal officiel est parue le 17 avril, sous le numéro 20100016. Vous pouvez vérifiez tout cela ici (c'est la quatrième annonce sur la page).

    "Deux Mains, Haïti" a pour but de contribuer à l'émergence et au développement d'une nouvelle Haïti. Elle est le fruit de la volonté de plusieurs personnes qui ont ressenti le besoin d'être aux côtés du peuple haïtien après le séisme  du 12 janvier 2010.

    L'orthographe du nom de l'association va au-delà du simple jeu de mots. Nous avons choisi cette graphie parce que le mot "demain" nous place dans une action qui se veut efficace sur le long terme. Elle s'inscrit donc dans la durée. Cependant, il n'est pas question de créer une situation selon laquelle nous serions pris dans un cercle vicieux qui ne conduise pas à l'autonomie du peuple haïtien. La durée se mesure à la qualité des projets que nous portons: ces projets visent à rendre ces bénéficiaires responsables et comptables de leur propre avenir et de l'avenir de leur pays. En somme, ils visent à mettre les gens sur des rails, leur donner des moyens, des savoirs et savoirs-faire pour lancer la locomotive afin qu'ils puissent continuer de la faire fonctionner seuls par la suite.

    "Deux mains" suppose aussi une pluralité de bras qui porte notre projet. C'est la reprise de la devise haïtienne "men anpil, chay pa lou", créole dont le sens est "plus il y a de mains, moins la charge est lourde" et que l’on retrouve au bas du drapeau haïtien à travers la phrase "L'union fait la force". Il faut aller au fondement d'Haïti pour saisir le sens de cette devise. C'est un rappel que ce pays dont les libérateurs ont voulu qu'il soit la "première république noire" est le fait de l'union des noirs, des mulâtres et des blancs.

    Ce qui prévalait au moment de la création de la république était le pays. Tous les acteurs de la libération, qu'importait la couleur de leurs peaux et leurs origines, étaient mus par l'esprit de solidarité pour conquérir la liberté et la dignité humaine. Il n'est pas question de se libérer de contraintes imposées par l'homme aujourd'hui. Il s'agit néanmoins de faire reculer la fatalité et de préserver la dignité humaine.

    Il convient malgré tout d'observer que nous ne sommes pas une association de la diaspora/communauté haïtienne vivant en France ou dans la banlieue bordelaise, où se trouve le siège de l'association. Même si nos actions pourront nous amener à travailler avec cette diaspora, et pourquoi pas avec des associations culturelles haïtiennes, nous préférons nous définir comme une association pour aider Haïti et son peuple.

    S'agissant des fondateurs de l'association, ils sont quelque part, et modestement, à l'image des fondateurs de la république d'Haïti qu'ils souhaitent aider. Certains ont des liens étroits avec le pays; deux d'entre eux sont ce que l'on appelle là-bas des "natif natal", c'est-à-dire qu'ils y sont nés; alors que d'autres n'ont d'autres liens que celui d'amitié, d'humanisme et de fraternité. Trois des membres fondateurs de l'association travaillent dans l'enseignement; deux appartiennent à d'autres catégories socioprofessionnelles: retraitée et travailleur indépendant.

    Nous vous invitons à visiter le reste de ce blog et en particulier à prendre connaissance de notre dossier de présentation et d'objectifs. Nous y développons nos différentes priorités, comment nous espérons travailler avec vous et avec le peuple haïtien.

    Enfin, si vous avez des questions plus précises auxquelles nous n'avons pas répondu dans la présentation ou sur le reste du blog, si vous désirez vous joindre à nous, n'hésitez pas à nous contacter ou à télécharger notre formulaire de don/adhésion. Votre soutien nous est précieux. Dans le cas où vous faites le choix de nous soutenir, nous vous invitons à nous laisser vos coordonnées afin que nous puissions vous informer de nos actions et du bon usage de vos dons."

    Je vous invite à vous rendre directement à l'adresse http://deuxmainshaiti.wordpress.com/ pour connaître ses objectifs de l'association.

  • Pour qu'Haïti ne sombre pas dans l'oubli

    Quelle est la situation actuelle en Haïti?

    Trois mois après le séisme, France info a fait une journée de direct là-bas afin d'informer de l'état de la situation. On ne peut qu'apprécier une telle démarche quand on sait qu'environ un mois après le séisme, on ne parlait presque plus d'Haïti dans les informations, comme si l'objectif était de rendre compte du malheur et de la désolation dans ce qu'ils ont de plus immédiat. Or, si cet événement n'a été que ponctuel, quelques secondes pour ravager un pays et causer plus de 250 000 morts, les conséquences sont là. Les nouvelles qui me remontent d'Haïti témoignent que l'absence des médias étrangers capables de toucher un large public conduit à un certain abandon des Haïtiens pour se débrouiller avec ce qu'ils n'ont pas, à savoir des moyens.

    Je comprends que les grands médias ne peuvent pas tout le temps se focaliser sur Haïti et que les artistes et célébrités qui se sont mobilisés un jour ne peuvent pas le faire de manière permanente. D'autres drames dans le monde attirent leur attention; ils sont souvent engagés dans d'autres actions caritatives. Ce qu'il faut espérer tout de même c'est que l'on n'oublie pas Haïti. Le tremblement de terre a révélé à une bonne partie du monde ce petit pays riche en histoire et en culture mais malmené par des instabilités politiques du fait de dirigeants peu soucieux de l'intérêt du peuple et par des événements climatiques. Une grande partie de cette découverte s'est faite dans l'instant, sur le moment; tant que les médias y trouvaient encore un certain intérêt? Peut-être pas, parce que leur présence a beaucoup contribué à la découverte du pays et à soulever un grand mouvement de solidarité.

    Après l'émotion du moment, ce que je veux dire c'est qu'Haïti a encore besoin des médias. Ils ont un travail extrêmement important de garde-fou à accomplir sur place. On a besoin d'eux sur place pour que les aides arrivent réellement dans le pays. On a besoin d'eux pour qu'il y ait de la transparence dans la gestion et l'utilisation des aides et des dons.

    On a aussi besoin des médias et de toutes les bonnes volontés pour faire un travail de pédagogie sur Haïti. Quel est vraiment ce pays? Quelle est son histoire? Sa culture? Sa richesse? Ce travail permettra à tous ceux qui ont donné et à tous ceux qui donneront de comprendre pourquoi ils font bien d'être solidaire avec ce pays.

    Je suis conscient qu'il y a beaucoup d'actions qui se font ici et là. J'ai même contribué à mettre en place avec des collègues une conférence sur Haïti et le France dans mon lycée. Intitulée "Histoires et interculturalité franco-haïtienne", cette conférence a permis à près de 400 lycéens et étudiants d'écouter et de dialoguer avec deux universitaires spécialistes de la question. Il s'agissait de M. Rafaël Lucas, maître de conférences à l'université Bordeaux 3, membre du Centre d'Etudes Littéraires et Linguistiques Francophones et Africaines (CELFA); et de Jacques de Cauna, université de Pau et des Pays de l'Adour, membre du Centre International Recherche sur les Esclavages du CNRS (CIRESC). Cette initiative a largement été soutenue par la direction du lycée qui envisagerait de former de jeunes haïtiens aux métiers de l'imprimerie, une des spécialités du lycée. Affaire à suivre.

    Toujours dans le même lycée, à l'initiative d'un élève et grâce au soutien de la Vie Scolaire, on va organiser un tournoi sportif. Chaque participant donnera 1,50 € pour Haïti. Ce sont ces mêmes lycéens qui avaient pris de leur temps pour écouter et débattre pendant trois heures avec nos universitaires. Comme quoi, les jeunes sont aussi soucieux de contribuer, même modestement, à la reconstruction d'Haïti.

    J'annoncerai au moment opportun d'autres initiatives et actions entreprises pour éviter qu'Haïti ne sombre dans l'oubli.