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France - Page 2

  • L’équipe de France comme bouc émissaire

    Oui, l’équipe de France EST un agneau sacrificiel !

    Il ne s’agit pas de nier l’échec de Raymond Doménech, des joueurs et de la Fédération Française de Football. On a été nul ! Cela fait des années que nous sommes sur une pente et que nous perdons en altitude ; ceci même lorsque nous gagnons. En effet, après une multitude de défaites, de rebondissements et de bévues, on a battu le Costa Rica. Certains se sont immédiatement mis à rêver d’une équipe montant en puissance, avec des joueurs de plus en plus en jambes, etc.  Que nenni ! On a été battu par l’équipe de réserve de Chine, juste avant de partir pour l’Afrique du Sud !

    Malgré tout, je persiste à dire que l’équipe est un « coupable idéal » sur lequel on va poser les maux à emporter très loin. Ce qui est paradoxal c’est le fait que cette figure de bouc émissaire pour l’équipe se réalise dans toutes les conditions. Quand elle gagne, la France est en fête ; et l’on voit les politiques inviter les joueurs aux différents palais du pays, leur décernant les honneurs du pays, histoire de « faire leur com ». La victoire devient dans ce cas le déclencheur de ralliement et un appel à la communion nationale autour d’hommes qui accèdent dans la foulée à une sacralité : ils sont des dieux vivants. Même si cette sacralité est fragile et éphémère, le rituel qu’elle génère, la communion nationale (foule en liesse, port de t-shirt frappés du nom des joueurs, tour des villes, des cités, des clubs, des écoles par les champions, etc.), permet d’oublier un instant les contingences du monde réel.  Bref, on s’attend toujours à ce que l’équipe nous serve de prétexte, d’échappatoire à des problèmes que nous avons peine ou que nous échouons à affronter.

    Lorsque l’équipe n’arrive pas à nous faire sortir de nos préoccupations, nous le lui reprochons. Tout comme le politique « fait sa com » lorsqu’il y a victoire, il faut bien relever qu’il est mécontent en cas de défaite. Il ne faut pas forcément voir dans son mécontentement de l’empathie pour le peuple. Si les fans reprochent à l’équipe de leur avoir privé d’une bonne occasion de faire la fête, le politique lui en veut parce qu’il ne peut pas « faire sa com » et parce que, franchement, il n’y a rien de plus pénible qu’un peuple mécontent. Pour rappel, « le moral des Français » est un indicateur de confiance et de consommation.

    On va éviter que cette note ne devienne un fleuve ; l’objectif n’est pas de faire une dissertation, même si on est en période d’examen. Donc, concrètement, il faut observer que l’on fait semblant d’être du côté des Français mécontents.

    Premièrement : le ministre de la santé et des sports de Nicolas Sarkozy, (enfin, c’est la ministre de Fillon, mais vous conviendrez qu’il n’est pas toujours aisé de dire quand Nicolas Sarkozy agit en président de la république et quand il agit en premier ministre), Roselyne Bachelot, demande des têtes. D’abord, la demande des têtes n’est pas une invention de Roselyne Bachelot, qui nous a raconté une histoire à dormir debout après la grève des joueurs pour protester contre leur hiérarchie, mais plutôt des fans, de spécialistes du foot qui crient depuis des années que l’on allait droit dans le mur.

    Deuxièmement : le président de la république demande que l’on tire les conséquences de la débâcle dé l’équipe de France et reçoit Thierry Henry à l’Elysée. La FIFA est furax de cette volonté de mainmise au grand jour. Pour mémoire, le président de la république avait publiquement pris position en écrivant à Doménech avant la coupe. Qu’il l’ait fait n’est pas critiquable en soit ; il est après tout président du pays représenté par l’équipe. Par contre, ce qui est critiquable c’est qu’il ait rendu public sa démarche. Comment peut-on dire au sélectionneur que la France est avec vous alors que ce n’était pas le cas, et en suite retourner sa veste pour dire au peuple, je suis avec vous contre le sélectionneur et acolytes ? Ah oui, cela s’appelle « j’ai changé ». Il est donc coutumier du fait.

    Troisièmement : on fait de la débâcle de l’équipe une affaire d’Etat, c’est le problème du siècle en France, à résoudre au plus haut sommet. En plus de prendre l’affaire en main, le président de la république demande des états généraux du football. Que je sache, lorsque Mme Bachelot a liquidé l’argent des Français (« les coffres sont vides » ou pas ?) sur des contrats manipulés pour acheter des vaccins dont la moitié à finie à la poubelle, le président de la république n’a pas demandé des états généraux de la santé et sur la définition de ce qu’est ou pas une pandémie ! Or, s’il y a une affaire récente qui devait être une affaire d’état, voire une affaire planétaire, c’est bien cette question de grippe H1N1 et le fric que le contribuable Français y a laissé : des vaches à lait, comme d’hab.

    Pendant que nos attentions sont rivets sur ce que l'équipe de France aurait dû faire et n'a pas fait, la presse titre une augmentation du chômage (2.7 millions de chaumeurs en France métropolitaine; inutile de compter les DOM-TOM car ce n'est pas pas la France, n'est-ce pas! Sachant que le chiffre de 2.7 millions comprend ceux que l'on a bien voulu comptabiliser); le gaz va augmenter de 2 à 4.7% en juillet, sachant qu'il y a eu une augmentation de 10% en avril; il y a eu quelques millions de personnes dans les rues, selon les syndicats; Christian Blanc a fumé pour €12.000 de... cigares (pas de moquette!) sur le compte du contribuable (on lui demande de rembourser); Alain Joyandet a obtenu un permis de construire de complaisance (il y a renoncé), le parti socialiste demande la tête de Woerth pour conflit d'intérêts (on fait de tout bois, mais je demande à voir quand eux étaient aux affaires); Royal essaie de revenir au devant de la scène en dénonçant l'annulation du Garden Party de l'Elysée, on entend parler de gèle de salaires mais pas du tout de l'augmentation des SMIC et autres minima en juillet (à m'entendre, on dirait un copain de Besancenot... au fait, il est accusé de séquestration), etc.

    J’en viens donc à ma conclusion de dire que l’équipe de France est ce bouc émissaire don la fonction est de satisfaire à des besoins de troisième mi-temps : si elle gagne, elle porte les joies du peuple et fait le bonheur des politiques ; si elle perd, elle porte ses mécontentements de tout le monde. Dans tous les cas figure, l’équipe de France n’est qu’un intermédiaire pour donner un sens aux humeurs du moment. Cette situation me fait penser au lancer de pièce avant les matches, sauf que le peuple et le politique sont incarnés par l’arbitre : « pile, je gagne ; face tu perds ». Que le match commence !

    Bon courage Laurent  Blanc !

  • Quelle gentillesse de la part du Crédit Agricole d’Aquitaine ?

    Je vous l’accorde; mon titre devrait avoir un point d’exclamation. J’avance toutefois, à ma décharge, que son absence ne relève pas d’une erreur mais d’une volonté délibérée d’interroger une supposée opération de philanthropie du Crédit Agricole d’Aquitaine à l’endroit d’un public jeune, à savoir des lycéens.

    Hier, 23 juin, je suis allé surveiller une épreuve du bac dans mon lycée. Je vous dirai quelques mots sur cette épreuve dans une autre note. Mais pour ce qui nous concerne aujourd’hui, c’est le constat que tous les candidats dans la salle d’examen avaient une petite bouteille d’eau de 50 centilitres d’une marque pas chère. Rien de surprenant, on leur a bien conseillé de se sustenter et de s’hydrater pendant les examens. Seulement, voilà, en plus de la marque de la source, j’ai relevé que chacune des bouteilles était estampillée de ceci :

    Pub Crédit Agricole.jpg

    Je n’ai pas pu m’empêcher de demander à l’un des candidats d’où ils tenaient ces bouteilles doublement labellisées. Réponse : « ils [entendre les petites mains de la banque en question] les distribuaient à l’entrée du lycée. »

    En première réaction, je me suis dit que c’était gentil de la part du Crédit Agricole de penser à nos jeunes candidats. Mais je me suis vite ravisé : quelles sont les vraies motivations de la banque ? Est-il normal qu’une entreprise vienne faire sa publicité de manière aussi directe et ostentatoire devant un lieu qui est « censé » être sanctuarisé, face à un public facilement influençable ? N’est-ce pas là une nouvelle façon de démarcher/conditionner la réaction du futur client ?

    Je ne suis pas naïf ; je sais bien BB fait ses courses.jpgque nous avons une génération de « consumériste » parce que le conditionnement se fait quasiment depuis le sein maternel: observez le sérieux de la consommatrice à gauche. Mais quand même, il doit forcément y avoir une certaine éthique ou code de bonne pratique commerciale à respecter ?

    En abordant la question avec plusieurs collègues, j’ai appris que cette démarche commerciale à l’endroit des mineurs est de plus en plus récurrente et qu’il s’agit d’une imitation de ce qui se fait à destination des étudiants sur les campus par Red Bull, Apple, etc., pour ne citer que ces marques-là.

    S’agissant du lycée, même si le public visé est majoritairement des mineurs, il semblerait que le chef d’établissement n’ait aucune prise sur la chose parce que la démarche se fait à l’extérieur de son établissement. Pour ma part, s’il ne peut pas intervenir directement, j’estime que sa caution devient tacite dès lors qu’il ne fait rien pour faire intervenir les autorités de la ville/préfecture pour interdire, ou du moins encadrer, ces pratiques de promotions commerciales aux abords de son établissement.

    Maintenant, il faudrait savoir ce que pensent les parents dont les enfants se font démarcher devant un établissement scolaire.

  • Du courage pour tacler le CRAN

    (Deuxième partie)

    "Proposition N°31 - Lancer une campagne d'information sur le SIDA à destination de la diversité, améliorer la prise en charge de la drépanocytose et du saturnisme". Alors là, on atteint un sommet! Cette proposition est scandaleuse et inacceptable!

    Pourquoi? Elle valide le cliché que les noirs ont une sexualité débridée, et que cette absence de retenue sexuelle expliquerait le fait que les Français des DOM, en particulier de la Guyane, soient parmi les personnes les plus touchées par le SIDA, selon les chiffres de l'Institut nationale de veille sanitaire de 2008.

    La demande sur la drépanocytose relève d'un autre niveau. Mais je trouve la demande du CRAN de l'inclure dans une campagne contre le communautarisme tout aussi scandaleuse. Certes, elle touche principalement les personnes d'origine africaine mais si cette maladie perdure encore, si le SIDA se répand plus fortement dans les DOM, c'est que la république a failli. Elle n'a pas fait son travail d'information, de prévention et de soin dans les DOM tout comme cela n'a pas été assez bien fait auprès de certains "groupes à risques" (homosexuels et prostituées) du fait de leur marginalisation. Il est à regretter que le CRAN n'ait interrogé aucun spécialiste de la santé sur ces questions.

    En ce qui me concerne, la lutte contre ces maladies ne relève pas d'une lutte contre le communautarisme. Il s'agit d'une obligation sanitaire de la république vis-à-vis de ses enfants, quel que soit l'endroit où ils se trouvent, indépendamment de leurs origines.

    Il y aurait encore d'autres objections à soulever sur d'autres propositions du CRAN et son amateurisme sur un sujet d'une extrême importance pour la république. Cet amateurisme transparait non seulement dans la nature contre-productive de ses propositions mais également dans l'utilisation abusive des mots. Le plus flagrant en ce sens est probablement le substantif "diversité". En effet, comment le comprendre dans une expression comme "campagne d'information [...] à destination de la diversité"? Qu'est-ce qu'on entend par là? Est-ce que le CRAN veut parler des minorités ethniques qu'il prétend défendre dans son rapport? Depuis quand "diversité" est-il devenu synonyme de "minorité ethnique"?

    Il n'est pas aisé de trouver des réponses à ces questions. On comprend dès lors que Sébastien Fath l'ait utilisé avec des guillemets, suivi d'un "sic" ; plus que des pincettes, il les manipule avec une précision chirurgical pour éviter qu'on les lui prête.

    Pour finir, je me pose la question de savoir comment un sociologue comme Michel Wieviorka, "poids lourd de la recherche en sciences sociales en France actuellement" (?), selon Fath, ait pu aider à pondre un rapport avec des points aussi mauvais, paternalistes et qui stigmatisent ceux que l'on souhaite défendre? Comment des chercheurs dignes de ce nom, des humanistes, peuvent cautionner, par leurs noms, un rapport qui propose de fragmenter encore plus la république en petits ilots communautaristes?

    Je refuse que l'on m'enferme dans une communauté ethnique. Je suis noir, "issu de l'immigration", mais je ne me reconnais pas dans toutes les propositions du CRAN pour lutter contre le communautarisme. Est-ce grave docteur?

    A lire aussi, cette note encore plus violente de Claude Ribbe: "Discrimination positive pour les lèche-bottes: Lozès bientôt dans le fauteuil de Sabeg?"

  • Du courage pour tacler le CRAN

    (Note en deux parties)

    Le 9 mars dernier, Sébastien Fath a posté une note concernant les 50 propositions du Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN). Il a été pris à partie par un certain "Elysee" du fait de ses réserves s'agissant de la démarche de Patrick Lozès et de la "représentativité" du CRAN. "Elysee" soupçonne chez lui un racisme qui ne dirait pas son nom. Ses commentaires m'avaient décidé à réagir le 12 mars en affirmant que "le CRAN se grandirait à prendre en compte les critiques à son endroit au lieu de se braquer".

    Je pensais m'arrêter à ce commentaire ; mais après lecture des propositions du CRAN, je me suis dit que je me devais de m'exprimer plus en avant sur les 50 propositions, en particulier sur certains points qui me paraissent totalement aberrants.

    Je me doute bien que mes propos risquent de ne pas être acceptés par tous et que certaines accusations pourraient en résulter. Mais je prends le risque; en espérant qu'ils ne seront pas récupérés ou mal interprétés non plus.

    aime_cesaire.jpgBon nombre des propositions du rapport du CRAN m'ont conduit à me poser la question de savoir si ses auteurs, Patrick Lozès et Michel Wieviorka, avaient vraiment saisi la portée de la fameuse réplique du regretté Aimé Césaire, "le nègre te dit merde"; propos dont le sens est que le nègre fait partie de la république, qu'il n'a pas l'intention de se laisser marginaliser, et donc qu'il va falloir compter avec lui, dans la république.

    Or, que constate-t-on dans certaines propositions du CRAN? Une volonté de s'ostraciser, de se couper de la république tout en légitimant de manière tacite certains clichés racistes.

    En voici quelques exemples :

    "Proposition N°3 - Créer une administration dédiée à la création d'entreprises de la diversité". Le CRAN demande la création de beaucoup de choses ; le verbe "créer" apparaît plus de dix fois dans les propositions. Rien que cela suffit à expliquer pourquoi Sébastien Fath les qualifient de "usine à gaz surréaliste". Mais, bon sang ! Pourquoi demander à la république de créer une administration spécifique aux entreprises de la diversité? Pour que les Antillais, les Africains, les Arabes, les Européens puissent faire leurs courses chacun de son côté? Et par la même pour que la république valide son propre éclatement? Pourquoi ne pas demander par la même occasion que la république crée une école pour chaque groupe ethnique?

    Je n'y comprends rien. Ne vaut-il pas mieux créer des occasions où les différentes composantes ethniques de la république, peu importe leurs origines, se rencontrent et apprennent à se connaître? Un défenseur du rapport du CRAN me dira que c'est justement ce que l'on retrouve dans la Proposition N°50, dans laquelle le CRAN demande l'organisation d'une Fête nationale de la diversité et de l'égalité. Je répondrais "tout et son contraire". Car, si on veut une occasion où la république se rencontre sur un pied d'égalité pour faire la fête, il ne faut pas chercher loin. Il y a quelque chose qui a lieu tous les ans, le 21 juin, dans toute la France, et cela s'appelle la fête de la musique. C'est pour tout le monde. Les fêtes dans lesquelles où l'on met en avant un groupe ethnique ne sont pas nationales mais locales.

    Je ne nie pas le rôle des communautés. Je suis toujours très heureux de me retrouver de temps à autres avec des amis haïtiens, parlant en créole et partageant un bon plat de chez nous. Cependant, chez moi c'est aussi ici. Mon compatriote, mes amis, ce sont aussi ceux qui ont une autre couleur de peau et une culture différente de celle dont je suis issu. Et je n'ai pas besoin que l'Etat vienne me dire où je dois aller faire mes courses, avec qui je dois faire la fête, travailler et passer du temps.

    "Proposition N°13 - Développer le parrainage entre salariés". Que l'on fasse un travail de sensibilisation de l'intérêt des uns pour les autres, pas une campagne à sens unique, je veux bien. Mais le "parrainage" a ses limites et sa réussite dépend de beaucoup de choses. Il peut arriver que l'on prenne quelqu'un sous ses ailes pour être son mentor, formateur, etc. Mais intégrer cette démarche à une campagne de lutte contre le communautarisme approuvée ou menée par l'Etat serait trop paternaliste. Cela me fait penser au "petit" noir ou à l'arabe auquel on donne sa chance et que l'on aide à réussir professionnellement parce qu'il ne peut pas y arriver seul, parce qu'il n'aurait pas les compétences pour cela.