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France

  • Carlton Rara: Home-Lakay et voix atypique

    carlton rara,home-lakay,artiste franco-haïtienIl est temps que je vous fasse découvrir la voix atypique d'un gars bien de "Chez Nous", de "Lakay", de France et d'Haïti; bref, d'un gars de la maison (HOME!) par-delà les frontières, à savoir Carlton Rara.

    Et oui, comme on le verra sur son site, Carlton Rara est à la fois cet Home-Lakay qui représente à lui tout seul une passerelle culturelle entre patrimoines haïtien et français, et qui se situe en même temps par-dessus tout cela, au niveau de l'universalisme.

    Attaché aux différentes cultures qui le façonnent, à écouter Carlton, sa musique et à le voir sur scène, on comprend que l'homme ne se laisse, à l'évidence, guère enfermé dans des prismes réducteurs. Cela explique peut-être pourquoi le titre de son nouvel album, Home, prête si bien à se dire Homme, avec un grand H pour faire ressortir l'universalisme et le dépassement des frontières

    Point n'est besoin de vous faire attendre à lire de plus longs discours concernant Carlton Rara. Je vous invite donc à écouter des extraits sur le site http://www.carltonrara.com/home.html et à commander son CD afin d'apprécier pleinement.

  • Oui, M. Barbier, l'indépendance de la presse n'a pas de prix!

    Je pense ne pas faire exception dans la liste de ceux qui reçoivent régulièrement des offres alléchantes pour des produits que l'on veut vous refourguer à prix bradés. L'information simplifiée (Métro, 20 Minutes, etc.) et la gratuite sur Internet (bien qu'elle ne le soit pas tout à fait) a poussé certains organes de presse en perte de lectorats à se lancer dans une telle démarche commerciale, avec en plus des "prix cassés" dans le genre de ce que l'on proposait aux étudiants et universitaires via l'OFUP, des cadeaux (multimédia, des montres, etc) pour appâter le client. On ne pourra pas dire que la presse écrite ne fait rien pour inciter les lecteurs à la lire. Et pourtant, je vais ici tirer un coup de gueule contre un de ces organes de presse écrite, L'Express, pour ne pas le nommer. Et cette note sera ma réponse à leur offre d'abonnement.

    Pour finir les vacances en beauté, j'ai reçu ce matin une publicité nominative de L'Express qui me fait "une offre irrésistible avec 349 € de réduction". Enorme! Me suis-je dit. Mais ce n'était pas fini. Au fur et à mesure de la l'offre, je découvre une panoplie de cadeaux inclus: une montre d'une valeur de 42€, un mini PC d'une valeur de 197€ (une grosse arnaque pour ce prix!) avec sa mini souris... le tout "pour 9€ seulement toutes les 4 semaines".

    Et là, je me suis dit que L'Express et son Directeur Général Adjoint, Eric Matton, qui a signé la lettre de publicité, devaient me prendre pour un imbécile! Voyez-vous, cette petite phrase en gras m'a plus que agacé. Ironie du sort, L'Express joint à l'offre un édito de Christophe Barbier - dont j'apprécie la pédagogie quand je peux suivre  "C' dans l'air" et qu'il y est - dans lequel il défend une presse indépendante financièrement, tout en dénonçant une époque "[...] obscure, sans compter les mensonges et les manoeuvres qui ont pour but de nous leurrer."

    Offre commerciale L'Express.jpgMais au fait, leurrer, user de malhonnêteté intellectuelle, manipuler psychologiquement le futur lecteur en jouant sur des vieilles techniques de vendeur à domicile et des abus de langage, n'est-ce pas ce que fait L'Expresss en faisant croire à ceux qui reçoivent l'offre que "9€ SEULEMENT" et "TOUTES LES 4 SEMAINES", voyez-vous, c'est très établé dans le temps et on insiste là-dessus comme on peut le voir sur le scan à droite, avec une "facilité de paiement très agréable" (prélèvement bancaire, comme ça vous ne voyez rien) ne grèveront pas ("sans déséquilibrer", lit-on dans le prospectus) le budget des lecteurs potentiels? Et, ils osent appeler cela "une offre irrésistible" pour quelques privilégiés, dont moi! En fait, sur un envoie de... aller, quelques milliers, tous les destinataires sont "privilégiés".

    Bien sûr, nul n'est obligé de répondre à l'offre d'abonnement. Il est bien précisé sur le courrier que dans l'éventualité d'un abonnement, le prélèvement se ferait mensuellement. Mais c'est sur les 4 semaines que L'Express axe sa campagne de commercialisation. Parce que psychologiquement, ça passe mieux, surtout en temps de crise. 4 semaines pour payer 9€, on peut le faire, non? Mais, l'étalement sur une longue période et l'insistance sur la petitesse de la somme à payer ne sont-ils pas les nouvelles techniques de commercialisation? Neuf euros, ce n'est rien pourra-t-on dire. Mais ce n'est pas tant ce montant qui me dérange. Ce qui ne passe pas c'est la démarche. Il s'agit de neuf euros ici mais cette démarche permet de vendre ou d'endetter des gens en leur donnant l'impression que leur budget n'en sera pas déséquilibré. Mais non, pardi! Parce que, voyez-vous, dans une telle démarche de commercialisation, chacun dispose tous les mois toutes les 4 semaines d'un poste budgétaire non-affecté de 9€. On n'aura plus qu'à inscrire "Abonnement L'Express" en regard!

    En y réfléchissant un peu plus, je me suis posé la question de savoir si des organes d'information de ce genre (parce qu'il n'y a pas que L'Express qui se livre au jeu de la manipulation) ont encore une ligne de bonne conduite, une éthique commerciale qui les empêche de se prostituer - car je considère que renoncer à l'essence même du journalisme en manipulant c'est se rabaisser - pour vendre l'information. Faut-il faire ce que l'on dénonce, leurrer, manipuler, dire les choses sans trop les dire - user de la langue de bois, quoi - pour gagner en parts de marché? Est-on une presse indépendante, lavée de tout soupçon lorsqu'on use de techniques commerciales douteuses pour appâter le client?

    Quel que soient les réponses, je trouve qu'il y a un manque de rigueur pour un magazine journalistique de haut rang d'essayer de vendre en usant de formulations langagières qui relèvent de la manipulation psychologique; je trouve que c'est encore plus grave, c'est se moquer du lecteur potentiel que de joindre à cette même offre un éditorial dans lequel on dénonce ces mêmes pratiques.

    Oui, M. Barbier, l'indépendance de la presse n'a pas de prix. Il faut toutefois ajouter à cette déclamation qu'une presse inestimable se garde de verser dans des pratiques commerciales critiquables. Au plaisir, toujours, d'écouter vos perspicaces contributions dans le décryptage de l'actualité.

  • Merci PISA!

    Il fut un temps où les enseignants se réjouissaient de la réussite de leurs élèves au bac. Il fut aussi un temps où ils sympathisaient avec les recalés à l'examen et prenaient le temps de prodiguer les derniers conseils pour le rattrapage. Bref, il fut un temps où les enseignants s'intéressaient intensément aux résultats de leurs élèves au bac, quel que soit ce résultat. Certes, quelques enseignants continuent de se déplacer pour le moment culte et la ferveur nationale quasi-religieuse que déclenche la publication des résultats du bac, mais je ne crois pas trop me tromper à dire que le bon vieux temps révolu.

    Pourtant, les taux de réussite ne cessent d'augmenter: moins de 80% nationalement est maintenant impensable. Ces taux de réussite croissants ne sont-ils pas la preuve que l'éducation devient de plus en plus démocratique et la réussite accessible à tous? Ne sont-ce pas la preuve que même à budget et moyens décroissants, on peut avoir de très bons résultats? Ne sont-ce pas la preuve que les changements de programme à chaque ministre n'entament en rien la pérennité du système scolaire? Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas un plus grand nombre d'enseignants qui se joignent à la communion nationale? Ces résultats ne disent-ils pas tacitement une réussite collective? Ou, la question provoc, les enseignants préfèreraient-ils l'échec à la réussite?

    La réponse à la dernière question va de soi: il faut être masochiste pour ne pas apprécier la réussite. Mais encore faut-il que cette réussite soit réelle et que les chiffres ne soient pas "bidouillés".

    Car derrière nos taux de réussite se cachent une réalité que seule l'université, pour combien de temps encore, et la violence du marché du travail savent mettre en évidence d'une manière que personne ne remet en cause; enfin, sauf les politiques qui ont toujours un faux bouc-émissaire qu'ils font habilement passer pour vrai à force de persuasion médiatique à deux balles. Voilà sinon belles lurettes que les enseignants ne sont plus écoutés sur l'état réel du niveau des nos élèves: non, mais ils ne sont pas crédibles les enseignants avec leurs vacances régulières, leurs 15 ou 18 heures d'enseignement! Oui, c'est leur métier d'enseigner et d'évaluer, mais quel intérêt à les écouter? Ils sont tous syndiqués, ont des tendances politiques gauchisantes, comme si on ne pouvait pas être de gauche et avoir une appréciation juste des choses, voire radicalistes.

    Nos politiques, qui ont politisé l'éducation dans ce pays, qui ont récupéré cette question comme outil d'achat de la paix sociale, comme moyen pour juguler le chômage en rallongeant la durée des années d'études, sont très au fait de la bonne presse (j'ironise sur "bonne presse", bien sûr) qu'ont les enseignants et les fonctionnaires en général. Même si cela n'a rien et ne va rien changer à la réalité de notre métier, je rappelle l'état des lieux extrêmement précis du président de la république en mars 2010. Disait-il: "on ne parle pas bien des fonctionnaires. On ne respecte pas assez vos compétences. On ignore les difficultés qui sont les vôtres" (voir NouvelObs.com). En somme, les enseignants connaissent leur métier et c'est au nom de cette connaissance qu'ils n'ont plus souhaité être comptables de la mascarade des résultats à endormir et qu'ils dénoncent les résultats du bac. C'est qu'il faut entendre ce qui se dit en "salle des profs"; il faut voir comment nos inspecteurs nous demandent de mettre en place les sujets d'examen, les barèmes, les recommandations dans les commissions d'harmonisation (voir note du 5/07/10) pour comprendre que nos 80% + de réussite au bac n'ont que très peu de valeur. Cela se résume à "ils veulent le bac? Donnons-leur le bac!"

    Les enseignants se réjouissent peu, voire plus du tout, des résultats du bac (et du BTS pour certains) parce qu'ils prennent des claques à chaque publication. Ces résultats satisfont les politiques, les parents qui ignorent que la coquille est vide et montrent toujours que les enseignants sont à côtés de la plaque à dire que nos élèves sont mauvais!

    Alors, lorsque des enquêtes indépendantes comme PISA viennent confirmer ce que nous savions et dénonçons depuis des années, je dis merci de réhabiliter notre honneur! Même si ces résultats ne seront que prétextes à endormir en annonçant des "plans" qui, s'ils aboutissent un jour, ne changeront rien à la réalité tant qu'on n'aura pas décidé de régler les vrais problèmes de société qui se déversent dans le système éducatif de ce pays. Au lieu de prendre ses problèmes à bras-le-corps, nos politiques ont développé une fâcheuse propension à annoncer des changements sans évaluer profondément les précédents programmes. Comme si ce qui nous est annoncé aujourd'hui n'est qu'une marque de lessive dont la qualité et la durée de vie sont d'une subjectivité telle qu'on n'a aucun remord à les rendre caducs à tout moment en annonçant "mieux" le lendemain.

    On veut toujours nous faire croire que ce qui se passe ailleurs est mieux et qu'il faut l'importer chez nous et avoir des résultats tout de suite alors que ces solutions que nous voulons importer sont en place depuis des années et qu'ils répondent à des réalités culturelles qui diffèrent des nôtres.  Vouloir importer des solutions tout comme on importe du "made in China" tendrait à faire croire que nous sommes tellement mauvais dans ce pays que nous ne sommes pas en mesure de penser les solutions qui correspondent à notre propre réalité. Cela dit aussi que nos politiques, qui font ces annonces, qui nous disent que c'est la mondialisation et qu'il faut "penser global", ne vont pas au-delà des diagnostiques de façades "en local", qu'ils font peu cas des acteurs de terrain, qu'ils n'écoutent pas nos propres experts, démarche qui nous permetrait d'être nous-mêmes, et non la copie d'un autre système, dans la mondialisation... Enfin, qu'est-ce que je raconte? Même si ce ne sont pas LES acteurs, on a écouté DES acteurs: j'ai oublié l'enquête de Richard Descoings qui s'intéressait principalement aux élèves. Malgré ses limites, il faudrait se demander ce qu'elle est devenue. J'ai ma petite idée. Pas vous?

    Une fois de plus, malgré mes réserves sur certaines préconisations, je dis merci à PISA. Il y aura certainement beaucoup de couleuvres à avaler jusqu'à la publication de la prochaine enquête en 2013. Mais il faut espérer que les enseignants n'auront pas avalés ces couleuvres pour rien.

  • L'épreuve d'anglais au bac STG/STI 2010

    J'ai brièvement mentionné l'épreuve d'anglais dans ma note du 26/06/2010, en promettant d'y revenir une autre fois. Ce sera promesse tenue aujourd'hui.

    J'ai été surpris il y a trois ans de constater que beaucoup de mes élèves de terminales techno ne pouvaient pas faire des exercices que j'avais fait avec des élèves de fin de collège. Après la grande désillusion, j'ai dû revoir mes exigences à la baisse, pour être plus en phase avec celles du bac!

    En effet, alors que je demandais aux élèves d'effectuer des tâches complexes, les exigences du bac étaient d'une simplicité déconcertante: il s'agit de faire du repérage, d'identifier le lieu d'écriture d'une histoire, son narrateur, etc., avec des questions les unes aussi bien prémâchées que les autres. En plus de la facilité, le barème de l'épreuve est calculé de telle sorte qu'un candidat peut obtenir la moyenne de 12/20 rien qu'en s'appliquant sur la partie "compréhension" de l'épreuve pour les séries Sciences et Technologies Industrielles (STI Mécha, électrotechnique, etc.), coefficientée 2. Sans oublier le fait que le barème est calculé de telle sorte que les points que l'on ne compterait pas (0,25) le sont car notation sur 100, ramenée ensuite sur 20. Eh oui, pas de 1/4 de point sur 20; sur 100, oui.

    Comme si ce que je viens de présenter ne suffisait pas, j'ai eu la surprise de découvrir cette année un sujet que même un élève en fin de collège peut réussir en s'appliquant un peu. Le sujet est très facile: c'est une lettre avec une charge lexicale très faible (un parent écrit à une détective privée pour lui demander son assistance dans la recherche d'un enfant); il est aussi très court: 32 lignes, la dernière étant la signature de l'auteur de la lettre.

    Vous voulez vérifier mes propos concernant la facilité du sujet? Je vous propose un petit jeu. Voici les règles: pour les mineurs, vous devez avoir le niveau de 4e/3e, et 2nde au maximum; pour les adultes, vous devez avoir quitté le système scolaire depuis au moins 5 ans. Dans tous les cas, vous ne devez pas être bilingue. Si vous remplissez ces conditions, télécharger le sujet en cliquant sur ce lien et planchez dessus pendant 2 heures, maxi. Notez combien de temps il vous a fallu pour faire la partie "compréhension" (lecture du texte et des consignes comprise), combien de temps pour la partie "expression". Servez-vous des corrections que l'on trouve facilement sur le net pour évaluer votre performance. Revenez ensuite me dire ce que vous en pensez.