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France - Haïti

  • Debou avèk Haïti

    Oyez! Oyez!

    Debou avèk Haïti, affiche concert.JPGL’association « Deux Mains Haïti », que j'ai l'honneur de présider, donne le samedi 4 février un concert avec l’artiste franco-haïtien, Carlton Rara, à la salle « Le Complexe » (ex CAT), rue de la Faïencerie, à Bordeaux.

    Nos amis bordelais et les environs sont chaleureusement invités à se découvrier et se laisser emporter, le temps d’une soirée, au rythme de la percussion et de sa voix dans un style hérité autant de la musique traditionnelle haïtienne que des blues américains et africains. En créole ou en anglais, Carlton Rara chante d'une voix unique, à travers des compositions originales pour donner corps à ce que d'aucuns désignent comme l’« expression haïtienne du blues. "Son deuxième album, le lumineux "Home", donne le ton : celui d'un blues haïtien mat et profond, dont le chanteur compositeur et percussionniste au swing rauque continue de creuser la veine inclassable, lyrique et chamanique, qui trempe dans les rythmes vaudous, la tradition insulaire ou métropolitaine, jusqu'au reggae le plus tendre" (Télérama).

    Première partie de concert assurée par des groupes de rock bordelais : Baxter Fly, Katy’s Lips…

    Billets en vente sur place : 7 euros, tarif unique.

    Les bénéfices du concert serviront à financer des projets éducatifs et d’aide à l’autonomie en Haïti.



    Venez nombreux…


    …partager un moment agréable et témoigner de notre engagement aux côtés de ceux qui vivent encore dans une situation extrêmement précaire en Haïti.


    « Deux Mains, Haïti » est une association à but non lucratif engagée pour la reconstruction durable d'Haïti dans des domaines tels que l'enseignement, l'agriculture, l'habitat...

    Salle « Le Complexe », 24 rue de la Faïencerie ; tram B direction « Bordeaux Claveau », arrêt « Bassin à Flot ».

    Renseignements et contact :

    Internet : www.deuxmainshaiti.com
    contact - point - 2mh - at - deuxmainshaiti - point - com
    Tél. : 06 13 60 09 47 / 06 21 03 71 24

  • Carlton Rara: Home-Lakay et voix atypique

    carlton rara,home-lakay,artiste franco-haïtienIl est temps que je vous fasse découvrir la voix atypique d'un gars bien de "Chez Nous", de "Lakay", de France et d'Haïti; bref, d'un gars de la maison (HOME!) par-delà les frontières, à savoir Carlton Rara.

    Et oui, comme on le verra sur son site, Carlton Rara est à la fois cet Home-Lakay qui représente à lui tout seul une passerelle culturelle entre patrimoines haïtien et français, et qui se situe en même temps par-dessus tout cela, au niveau de l'universalisme.

    Attaché aux différentes cultures qui le façonnent, à écouter Carlton, sa musique et à le voir sur scène, on comprend que l'homme ne se laisse, à l'évidence, guère enfermé dans des prismes réducteurs. Cela explique peut-être pourquoi le titre de son nouvel album, Home, prête si bien à se dire Homme, avec un grand H pour faire ressortir l'universalisme et le dépassement des frontières

    Point n'est besoin de vous faire attendre à lire de plus longs discours concernant Carlton Rara. Je vous invite donc à écouter des extraits sur le site http://www.carltonrara.com/home.html et à commander son CD afin d'apprécier pleinement.

  • Pour qu'Haïti ne sombre pas dans l'oubli

    Quelle est la situation actuelle en Haïti?

    Trois mois après le séisme, France info a fait une journée de direct là-bas afin d'informer de l'état de la situation. On ne peut qu'apprécier une telle démarche quand on sait qu'environ un mois après le séisme, on ne parlait presque plus d'Haïti dans les informations, comme si l'objectif était de rendre compte du malheur et de la désolation dans ce qu'ils ont de plus immédiat. Or, si cet événement n'a été que ponctuel, quelques secondes pour ravager un pays et causer plus de 250 000 morts, les conséquences sont là. Les nouvelles qui me remontent d'Haïti témoignent que l'absence des médias étrangers capables de toucher un large public conduit à un certain abandon des Haïtiens pour se débrouiller avec ce qu'ils n'ont pas, à savoir des moyens.

    Je comprends que les grands médias ne peuvent pas tout le temps se focaliser sur Haïti et que les artistes et célébrités qui se sont mobilisés un jour ne peuvent pas le faire de manière permanente. D'autres drames dans le monde attirent leur attention; ils sont souvent engagés dans d'autres actions caritatives. Ce qu'il faut espérer tout de même c'est que l'on n'oublie pas Haïti. Le tremblement de terre a révélé à une bonne partie du monde ce petit pays riche en histoire et en culture mais malmené par des instabilités politiques du fait de dirigeants peu soucieux de l'intérêt du peuple et par des événements climatiques. Une grande partie de cette découverte s'est faite dans l'instant, sur le moment; tant que les médias y trouvaient encore un certain intérêt? Peut-être pas, parce que leur présence a beaucoup contribué à la découverte du pays et à soulever un grand mouvement de solidarité.

    Après l'émotion du moment, ce que je veux dire c'est qu'Haïti a encore besoin des médias. Ils ont un travail extrêmement important de garde-fou à accomplir sur place. On a besoin d'eux sur place pour que les aides arrivent réellement dans le pays. On a besoin d'eux pour qu'il y ait de la transparence dans la gestion et l'utilisation des aides et des dons.

    On a aussi besoin des médias et de toutes les bonnes volontés pour faire un travail de pédagogie sur Haïti. Quel est vraiment ce pays? Quelle est son histoire? Sa culture? Sa richesse? Ce travail permettra à tous ceux qui ont donné et à tous ceux qui donneront de comprendre pourquoi ils font bien d'être solidaire avec ce pays.

    Je suis conscient qu'il y a beaucoup d'actions qui se font ici et là. J'ai même contribué à mettre en place avec des collègues une conférence sur Haïti et le France dans mon lycée. Intitulée "Histoires et interculturalité franco-haïtienne", cette conférence a permis à près de 400 lycéens et étudiants d'écouter et de dialoguer avec deux universitaires spécialistes de la question. Il s'agissait de M. Rafaël Lucas, maître de conférences à l'université Bordeaux 3, membre du Centre d'Etudes Littéraires et Linguistiques Francophones et Africaines (CELFA); et de Jacques de Cauna, université de Pau et des Pays de l'Adour, membre du Centre International Recherche sur les Esclavages du CNRS (CIRESC). Cette initiative a largement été soutenue par la direction du lycée qui envisagerait de former de jeunes haïtiens aux métiers de l'imprimerie, une des spécialités du lycée. Affaire à suivre.

    Toujours dans le même lycée, à l'initiative d'un élève et grâce au soutien de la Vie Scolaire, on va organiser un tournoi sportif. Chaque participant donnera 1,50 € pour Haïti. Ce sont ces mêmes lycéens qui avaient pris de leur temps pour écouter et débattre pendant trois heures avec nos universitaires. Comme quoi, les jeunes sont aussi soucieux de contribuer, même modestement, à la reconstruction d'Haïti.

    J'annoncerai au moment opportun d'autres initiatives et actions entreprises pour éviter qu'Haïti ne sombre dans l'oubli.

  • Lettre ouverte du CIRESC à nos gouvernants sur la reconstruction d'Haïti

    On ne saurait reconstruire un pays, dans le sens noble du terme, sans penser à la formation de ses citoyens. Une reconstruction qui vise l'autonomie passe nécessairement par là aussi. Au moment même où le président de la république, Nicolas Sarkozy, s'apprête à se rendre en Haiti, visite attendue par les deux peuples, les intiatives, les appels à l'amélioration des liens entre les deux pays se multiplient. Dans la continuité de ma note du 7 février, je poste ici une lettre ouverte du CIRESC (Centre international de recherche sur l'esclavage) qui m'a été transmise par l'historien Jacques de Cauna. La lettre a été publiée dans le Sud Ouest du 12 février.

    Cela fait des années que de Cauna - fin connaisseur d'Haïti, dont la qualité du travail et l'investissement personnel sont reconnus par ses paires et par la république d'Haïti - se remue pour des relations plus étroites et plus fortes entre la France et Haïti. Il faut espérer que nos gouvernants sauront ententre lui et tous ceux qui portent le projet Ciresc; et surtout qu'ils sauront agir.

    La lettre:

    Lettre Ouverte du CIRESC

    Soutenir la reconstruction du système éducatif et de recherche d'Haïti

    Toutes nos pensées sont tournées en ce moment vers Haïti, pays où nous avons des racines, des amis, société avec laquelle nous travaillons - à travers des programmes de recherche menés avec des enseignants et des chercheurs haïtiens ou des enseignements que nous y faisons, ou encore des étudiants que nous formons -, pays aussi que nous étudions pour sa contribution à l'histoire de l'Humanité et à celle de la Liberté. Nous présentons nos sincères condoléances à chaque Haïtien et nous voudrions, plus particulièrement, les adresser à nos collègues des écoles et des universités ruinées par le tremblement de terre.

    L'ampleur du désastre est choquante mais au-delà des urgences vitales, il faut déjà penser à l'avenir et soutenir la reconstruction d'un système éducatif et de recherche, gage d'un avenir meilleur... s'il est bien organisé. Le « séisme de décrochement » qu'a connu Haïti devrait inviter à prendre cette rupture dramatique et fatale à trop d'Haïtiens comme le signal des changements nécessaires à opérer vis-à-vis de ce pays, notamment en termes de représentations d'Haïti et de conception de la solidarité internationale, les deux étant liés. Nulle « fatalité », ni « malédiction » dans la destruction de la majeure partie des structures éducatives mais plutôt effet de l'exode rural et installation dans des zones d'habitat précaires. Nulle « agitation », ni « désordre » mais dignité  et  résilience  dans les descriptions de l'écroulement des bâtiments de l'Ecole Normale Supérieure et dans les demandes de reprise des cours que font parvenir nos correspondants haïtiens grâce à l'incroyable mobilisation des réseaux de recherche internationaux à travers les réseaux Internet. Les clés d'Haïti ne sont pas remises aux étrangers comme le dit le Président d'Haïti, René Préval, même si la solidarité est demandée à la communauté internationale.

    Gérard Barthélémy, anthropologue récemment disparu, n'a eu de cesse de rappeler que le mal développement en Haïti était inversement proportionnel à l'aide internationale apportée au pays, il faut sans doute se le rappeler aujourd'hui en ce qui concerne la formation. Il faut éviter que le réseau éducatif soit reconstruit sur des initiatives dispersées, lancées par des nations, des organismes, ou des individus. Sous l'égide des responsables haïtiens, un schéma global intégrant aussi bien les formations primaires, l'enseignement technique (agriculture, artisanat) que le supérieur et aussi la formation d'enseignants doit être établi. C'est la raison pour laquelle, dans la perspective de la prochaine conférence de Montréal du 25 janvier prochain, nous demandons à chacun de nos gouvernements, et ici au gouvernement français, d'en appeler à l'organisation d'un plan international qui mettrait en synergie toutes les compétences qui peuvent concourir à la remise en route du réseau éducatif et de recherche en Haïti, fondement de la vitalité culturelle et intellectuelle de ce pays et garantie de sa survie.

    Sans attendre cependant ces décisions futures, il est indispensable de soutenir les chercheurs et étudiants haïtiens au niveau des pays et universités qui les accueillent actuellement.  Pour la France, nous demandons au Ministre de l'Education Nationale, à la Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ainsi qu'aux Présidents des instituts de recherche et d'enseignement supérieur le financement de « chaires Haïti » qui permettraient de recevoir des chercheurs et des enseignants, la création de bourses destinées aux étudiants haïtiens, la mise en place de missions d'enseignement et de formation en Haïti selon les besoins exprimés par nos interlocuteurs. Nous demandons au Ministre de l'Intérieur, l'attribution plus souple de visas pour les étudiants qui veulent venir étudier en France. Il en va de notre honneur d'enseignants, de chercheurs et de citoyens dans la communauté internationale.

    Signatures

    • Myriam Cottias, Directrice de recherche au CNRS, Centre International de Recherches sur les Esclavages, EURESCL (7e PCRD), CRPLC, Université des Antilles et de la Guyane.
    • António de Almeida Mendes, Maître de Conférences, Université de Nantes, Centre International de Recherches sur les Esclavages (CIRESC)
    • Jacques de Cauna, Docteur d'Etat, Université de Pau, Centre International de Recherches sur les Esclavages (CIRESC), Commandeur Ordre national Honneur et Mérite de la République d'Haïti
    • Elikia M'Bokolo, Directeur d'Etudes à l'EHESS et CIRESC
    • Ibrahima Seck, historien, Professeur à l'Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal, et CIRESC
    • Paul Lovejoy, University of  Hull (G.-B) et CIRESC
    • Marie-Albane de Suremain, Université Paris Est, CIRESC
    • Cédric Audebert, CRS Migrinter et CIRESC
    • Catherine Coquery-Vidrovitch, CIRESC
    • Michel De Waele, Directeur du département d'histoire, Université de Laval, Canada
    • Gérard Noiriel, historien, Directeur d'Etudes à l'EHESS
    • Jean-Marie Théodat, Maître de Conférences Université Panthéon-Sorbonne, laboratoire PRODIG.
    • Bogumil Jewsiewicki, Université Laval (Canada)
    • Francine Saillant, Directrice du CÉLAT, Université Laval, Québec
    • ..., etc (497 signatures au 1er février 2010)

     

    Contact : ciresc@ehess.fr

    Pilotage CIRESC

    Responsable

    • Myriam Cottias, Historienne, Directrice de recherches, CNRS, Université des Antilles et de la Guyane

    Membres du Bureau

    • Antonio de Almeida Mendes, Historien, Maître de conférences, Université de Nantes, France.
    • Cédric Audebert, Géographe, Chargé de recherches, CNRS, Migrinter, Université de Poitiers, France.
    • Myriam Cottias, Historienne, Chargée de recherches, CNRS, Université des Antilles et de la Guyane.
    • Elisabeth Cunin, Anthropologue, Chargée de recherches, IRD.
    • Issiaka Mandé, Historien, Sedet, Université Paris 7 Denis Diderot, France.
    • Dominique Rogers, Historienne, Maître de conférences, Université des Antilles

    Membres du Comité scientifique

    • Luiz Felipe de Alencastro, Historien, Professeur, Université Paris IV, France.
    • Carmen Bernand, Anthropologue, Professeur émérite, Université de Paris X, France.
    • Jean-Luc Bonniol, Anthropologue, Professeur, Université d'Aix-Marseille, France.
    • Roger Botte, Anthropologue, Chargé de recherches, CNRS, EHESS, France.
    • Jacques de Cauna, Historien, professeur détaché, Université de Pau et des Pays de l'Adour, France.
    • Christine Chivallon, Géographe, Chargée de recherches, CNRS, Université de
    • Catherine Coquery-Vidrovitch, Historienne, Professeur émérite, Université de Paris VII, France.
    • Patrice Courtaud, Anthropologue, Ingénieur de recherches, Université de Bordeaux, France.
    • Jean-Michel Deveau, Historien, Professeur des Universités de Nice, Sophia et Antipolis, France.
    • Marcel Dorigny, Historien, Maître de conférences, Université de Paris VIII, France.
    • Fitte-Duval, Annie, Juriste, Maître de conférences, Université de Pau et des pays de l'Adour, France.
    • França Paiva, Eduardo, Historien, Universidade Federal de Minas Gerais, Brésil.
    • Sudel Fuma, Historien, Professeur, Université de la Réunion.
    • Juan Carlos Garavaglia, Historien, Directeur d'études, EHESS, France.
    • Jean Hébrard, Historien, Professeur associé, EHESS, France.
    • Bogumil Jewsiewicki, Historien, Professeur, Université de Laval, Canada.
    • Marie-José Jolivet, Anthropologue, Directeur de recherche, IRD, France.
    • Julie Lirus, Anthropologue, Professeur, Université de Paris VII, France.
    • Anne-Marie Losonczy, Anthropologue, Directeur d'études, EPHE, France.
    • Elikia M'Bokolo, Historien, Directeur d'études, EHESS, France.
    • Pap Ndiaye, Historien, Maître de conférences, EHESS, France.
    • Jean-François Niort, Juriste, Maitre de conférences, Université des Antilles et de la Guyane, France.
    • Olivier Pétré-Grenouilleau, Historien, Professeur, Université de Lorient, France.
    • Fabienne Plazolles Guillen Diop, Historienne, Université de Pau et des Pays de Ladour, France.
    • Jean-Pierre Sainton, Historien, Maître de conférences, Université des Antilles et de la Guyane, France.
    • Nelly Schmidt, Historienne, Directeur de recherches, CNRS, France.
    • Alessandro Stella, Historien, chargé de recherches, CNRS, France.
    • Ibrahima Thioub, Historien, Professeur, Université Cheik Anta Diop, Sénégal.
    • Salah Trabelsi, Historien, Maître de conférences, Université de Lyon II, France.
    • Françoise Vergès, Professeur, Goldsmiths College, Université de Londres, Royaume-Uni.
    • Cécile Vidal, Historienne, Maître de conférences, EHESS, Paris, France.
    • Bernard Vincent, Historien, Directeur d'études, EHESS, France.

    Membres du Comité pour les ressources pédagogiques

    • Thierry Aprile, PRAG en Histoire, IUFM de Créteil, France.
    • Eric Mesnard, PRAG en Histoire, IUFM de Créteil, France.
    • Marie-Albane de Suremain, Historienne, Maître de Conférences, IUFM de Créteil, France.