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bouc émissaire

  • L’équipe de France comme bouc émissaire

    Oui, l’équipe de France EST un agneau sacrificiel !

    Il ne s’agit pas de nier l’échec de Raymond Doménech, des joueurs et de la Fédération Française de Football. On a été nul ! Cela fait des années que nous sommes sur une pente et que nous perdons en altitude ; ceci même lorsque nous gagnons. En effet, après une multitude de défaites, de rebondissements et de bévues, on a battu le Costa Rica. Certains se sont immédiatement mis à rêver d’une équipe montant en puissance, avec des joueurs de plus en plus en jambes, etc.  Que nenni ! On a été battu par l’équipe de réserve de Chine, juste avant de partir pour l’Afrique du Sud !

    Malgré tout, je persiste à dire que l’équipe est un « coupable idéal » sur lequel on va poser les maux à emporter très loin. Ce qui est paradoxal c’est le fait que cette figure de bouc émissaire pour l’équipe se réalise dans toutes les conditions. Quand elle gagne, la France est en fête ; et l’on voit les politiques inviter les joueurs aux différents palais du pays, leur décernant les honneurs du pays, histoire de « faire leur com ». La victoire devient dans ce cas le déclencheur de ralliement et un appel à la communion nationale autour d’hommes qui accèdent dans la foulée à une sacralité : ils sont des dieux vivants. Même si cette sacralité est fragile et éphémère, le rituel qu’elle génère, la communion nationale (foule en liesse, port de t-shirt frappés du nom des joueurs, tour des villes, des cités, des clubs, des écoles par les champions, etc.), permet d’oublier un instant les contingences du monde réel.  Bref, on s’attend toujours à ce que l’équipe nous serve de prétexte, d’échappatoire à des problèmes que nous avons peine ou que nous échouons à affronter.

    Lorsque l’équipe n’arrive pas à nous faire sortir de nos préoccupations, nous le lui reprochons. Tout comme le politique « fait sa com » lorsqu’il y a victoire, il faut bien relever qu’il est mécontent en cas de défaite. Il ne faut pas forcément voir dans son mécontentement de l’empathie pour le peuple. Si les fans reprochent à l’équipe de leur avoir privé d’une bonne occasion de faire la fête, le politique lui en veut parce qu’il ne peut pas « faire sa com » et parce que, franchement, il n’y a rien de plus pénible qu’un peuple mécontent. Pour rappel, « le moral des Français » est un indicateur de confiance et de consommation.

    On va éviter que cette note ne devienne un fleuve ; l’objectif n’est pas de faire une dissertation, même si on est en période d’examen. Donc, concrètement, il faut observer que l’on fait semblant d’être du côté des Français mécontents.

    Premièrement : le ministre de la santé et des sports de Nicolas Sarkozy, (enfin, c’est la ministre de Fillon, mais vous conviendrez qu’il n’est pas toujours aisé de dire quand Nicolas Sarkozy agit en président de la république et quand il agit en premier ministre), Roselyne Bachelot, demande des têtes. D’abord, la demande des têtes n’est pas une invention de Roselyne Bachelot, qui nous a raconté une histoire à dormir debout après la grève des joueurs pour protester contre leur hiérarchie, mais plutôt des fans, de spécialistes du foot qui crient depuis des années que l’on allait droit dans le mur.

    Deuxièmement : le président de la république demande que l’on tire les conséquences de la débâcle dé l’équipe de France et reçoit Thierry Henry à l’Elysée. La FIFA est furax de cette volonté de mainmise au grand jour. Pour mémoire, le président de la république avait publiquement pris position en écrivant à Doménech avant la coupe. Qu’il l’ait fait n’est pas critiquable en soit ; il est après tout président du pays représenté par l’équipe. Par contre, ce qui est critiquable c’est qu’il ait rendu public sa démarche. Comment peut-on dire au sélectionneur que la France est avec vous alors que ce n’était pas le cas, et en suite retourner sa veste pour dire au peuple, je suis avec vous contre le sélectionneur et acolytes ? Ah oui, cela s’appelle « j’ai changé ». Il est donc coutumier du fait.

    Troisièmement : on fait de la débâcle de l’équipe une affaire d’Etat, c’est le problème du siècle en France, à résoudre au plus haut sommet. En plus de prendre l’affaire en main, le président de la république demande des états généraux du football. Que je sache, lorsque Mme Bachelot a liquidé l’argent des Français (« les coffres sont vides » ou pas ?) sur des contrats manipulés pour acheter des vaccins dont la moitié à finie à la poubelle, le président de la république n’a pas demandé des états généraux de la santé et sur la définition de ce qu’est ou pas une pandémie ! Or, s’il y a une affaire récente qui devait être une affaire d’état, voire une affaire planétaire, c’est bien cette question de grippe H1N1 et le fric que le contribuable Français y a laissé : des vaches à lait, comme d’hab.

    Pendant que nos attentions sont rivets sur ce que l'équipe de France aurait dû faire et n'a pas fait, la presse titre une augmentation du chômage (2.7 millions de chaumeurs en France métropolitaine; inutile de compter les DOM-TOM car ce n'est pas pas la France, n'est-ce pas! Sachant que le chiffre de 2.7 millions comprend ceux que l'on a bien voulu comptabiliser); le gaz va augmenter de 2 à 4.7% en juillet, sachant qu'il y a eu une augmentation de 10% en avril; il y a eu quelques millions de personnes dans les rues, selon les syndicats; Christian Blanc a fumé pour €12.000 de... cigares (pas de moquette!) sur le compte du contribuable (on lui demande de rembourser); Alain Joyandet a obtenu un permis de construire de complaisance (il y a renoncé), le parti socialiste demande la tête de Woerth pour conflit d'intérêts (on fait de tout bois, mais je demande à voir quand eux étaient aux affaires); Royal essaie de revenir au devant de la scène en dénonçant l'annulation du Garden Party de l'Elysée, on entend parler de gèle de salaires mais pas du tout de l'augmentation des SMIC et autres minima en juillet (à m'entendre, on dirait un copain de Besancenot... au fait, il est accusé de séquestration), etc.

    J’en viens donc à ma conclusion de dire que l’équipe de France est ce bouc émissaire don la fonction est de satisfaire à des besoins de troisième mi-temps : si elle gagne, elle porte les joies du peuple et fait le bonheur des politiques ; si elle perd, elle porte ses mécontentements de tout le monde. Dans tous les cas figure, l’équipe de France n’est qu’un intermédiaire pour donner un sens aux humeurs du moment. Cette situation me fait penser au lancer de pièce avant les matches, sauf que le peuple et le politique sont incarnés par l’arbitre : « pile, je gagne ; face tu perds ». Que le match commence !

    Bon courage Laurent  Blanc !