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jean-paul huchon

  • Mais, quelle mouche a piqué Ali Soumaré ?

    h_4_ill_1271477_ali-soumare.jpgCette affaire prend une tournure très américaine : pour être élu en France, il faut montrer patte blanche ! Belle expression qui, dans le cas d'Ali Soumaré, tête de liste PS pour les régionales du Val-d'Oise, n'est pas sans arrières pensées. Dans son cas, "montrer patte blanche" a deux explications possibles : l'une explicite et portée sur la place publique, l'autre implicite.

    Bien entendu, personne n'a osé utiliser l'expression dans la campagne des régionales du Val-d'Oise. Quoiqu'il en soit, Ali Soumaré n'a pas montré "patte blanche". Il n'a pas un casier judiciaire "vierge". Eh oui, certains veulent nous faire croire que pour être élu dans ce pays, on ne doit jamais avoir commis de délits dans sa vie. Et pas besoin de la justice pour dire si l'on reste éligible ou pas.

    Soit. Allons jusqu'au bout de la logique. Opération "mains propres": virons tous nos élus mêlés à de sales affaires, tous ceux qui ont commis un "petit" délit de fuite, un excès de vitesse... bref, toutes les violences faites à la république. Je me demande combien il en resterait aux affaires.

    Sinon, c'est vraiment nauséabonde de mettre Soumaré sur le pilori. C'est une façon d'exclure tous les "petits" repris de justice qui n'ont pas le bras suffisamment long pour faire taire leur passé. Mais quelle mouche a piqué ce Soumaré? Il aurait dû y penser! On ne vient pas jouer dans la cour des grands quand on a été "délinquant des cités"! Il faut avoir été un "délinquant des élites", des hautes sphères pour jouer au jeu "noble" qu'est la politique, mon p'tit gars ! Bon, aller, il est plus grand que moi de plus d'une tête.

    Mais enfin, c'est vrai, Soumaré est un petit gars dans le monde politique, que le PS laisse se démerder tout seul. Car, "Ali Soumaré embarrasse le PS francilien", titre le Figaro.fr de ce matin. Face à la démarche qui consiste à le discréditer en publiant son "quasi" casier judiciaire sur la place publique, le PS se serait contenté de dire "qu'Ali Soumaré allait poursuivre en diffamation les responsables UMP du Val-d'Oise". C'est bien le parti socialiste, ça. Quand l'UMP fait bloque derrière ses membres (cas Penchard est le dernier en date), le PS se la joue "à la Ponce Pilate", il s'en lave les mains. Il lâche en pâture : souvenez-vous du cas de Julien Dray.

    En attendant une hypothétique prise de position plus ferme du PS, devinez qui vole au secours de Soumaré ? Jean-Paul Huchon. Wow ! Il n'y a rien de mieux pour valider la critique adverse que Soumaré soit un "délinquant  multirécidiviste" ! Huchon a récemment été condamné pour prise illégale d'intérêt. En d'autres termes, c'est un "délinquant" qui vole au secours d'un autre. Mais bon, faisons feu de tout bois.

    Contrairement à Huchon, Soumaré n'a pas d'assise politique ; ses reins ne sont pas assez solides pour contenir les pressions politiques et médiatiques qui s'abattent sur lui. Et, contrairement à Huchon, les déterminismes sociaux jouent contre lui. Il n'a donc aucune chance.

    Mais il n'y a pas que l'attitude du PS qui soit à critiquer dans cette affaire. La stratégie de l'UMP locale est à vomir. C'est que la candidature de Soumaré est alarmante, elle menace la république des "civilisés" jamais condamnés ou mis en garde-à-vue. Selon un député-maire UMP, s'il s'avère que le PS était au courant des démêlés de Soumaré avec les forces de l'ordre et la justice, "...ce serait un coup odieux porté à la valeur de la diversité que d'avoir choisi, pour la représenter, un délinquant multirécidiviste." Franchement, celui-là n'a pas de leçon à recevoir de Frédéric Lefèvre! Il ne doit pas savoir que les jeunes des cités qui n'ont pas eu des soucis avec les forces de l'ordre sont une espèce rare. Ce genre de discours exclut de fait un pan entier de la société française du système politique.

    En anglais cela s'appelle "disenfranchize". Osera-t-on parler de "dénaturalisation"? Car, selon mes dernières connaissances, s'il n'y a pas d'inégibilité déclarée par les tribunaux compétents, le retrait des droits civiques et politiques des citoyens ne peut se faire que par la "dénaturalisation". Mais bon, je peux avoir manqué un chapitre.

    "Quoi, t'as pas tes papiers ? Tu viens avec nous au commissariat !" Quelle naïveté de ma part que d'avoir pensé que ces enfants de secondes zones faisaient partie de la république. Mais, tu débloques Carter!

    Et Valérie Pécresse, qui n'est quand même pas rien dans l'appareil UMP sur le plan national, de renvoyer le PS à ses responsabilités d'avoir présenté un repris de justice face à la noble classe politique régionale ! Mais quel affront ! Pardon, madame la baronne ! Il eu fallu mettre ce voyou aux fers et l'expédier aux bagnes! Ah oui, l'outre-mer n'est plus la prison à ciel ouvert de la métropole.

    La seule responsabilité qui vaille c'est que le parti socialiste fasse cesser ce lynchage politique, duquel il s'est rendu complice de par son silence.