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rafael lucas

  • Pour qu'Haïti ne sombre pas dans l'oubli

    Quelle est la situation actuelle en Haïti?

    Trois mois après le séisme, France info a fait une journée de direct là-bas afin d'informer de l'état de la situation. On ne peut qu'apprécier une telle démarche quand on sait qu'environ un mois après le séisme, on ne parlait presque plus d'Haïti dans les informations, comme si l'objectif était de rendre compte du malheur et de la désolation dans ce qu'ils ont de plus immédiat. Or, si cet événement n'a été que ponctuel, quelques secondes pour ravager un pays et causer plus de 250 000 morts, les conséquences sont là. Les nouvelles qui me remontent d'Haïti témoignent que l'absence des médias étrangers capables de toucher un large public conduit à un certain abandon des Haïtiens pour se débrouiller avec ce qu'ils n'ont pas, à savoir des moyens.

    Je comprends que les grands médias ne peuvent pas tout le temps se focaliser sur Haïti et que les artistes et célébrités qui se sont mobilisés un jour ne peuvent pas le faire de manière permanente. D'autres drames dans le monde attirent leur attention; ils sont souvent engagés dans d'autres actions caritatives. Ce qu'il faut espérer tout de même c'est que l'on n'oublie pas Haïti. Le tremblement de terre a révélé à une bonne partie du monde ce petit pays riche en histoire et en culture mais malmené par des instabilités politiques du fait de dirigeants peu soucieux de l'intérêt du peuple et par des événements climatiques. Une grande partie de cette découverte s'est faite dans l'instant, sur le moment; tant que les médias y trouvaient encore un certain intérêt? Peut-être pas, parce que leur présence a beaucoup contribué à la découverte du pays et à soulever un grand mouvement de solidarité.

    Après l'émotion du moment, ce que je veux dire c'est qu'Haïti a encore besoin des médias. Ils ont un travail extrêmement important de garde-fou à accomplir sur place. On a besoin d'eux sur place pour que les aides arrivent réellement dans le pays. On a besoin d'eux pour qu'il y ait de la transparence dans la gestion et l'utilisation des aides et des dons.

    On a aussi besoin des médias et de toutes les bonnes volontés pour faire un travail de pédagogie sur Haïti. Quel est vraiment ce pays? Quelle est son histoire? Sa culture? Sa richesse? Ce travail permettra à tous ceux qui ont donné et à tous ceux qui donneront de comprendre pourquoi ils font bien d'être solidaire avec ce pays.

    Je suis conscient qu'il y a beaucoup d'actions qui se font ici et là. J'ai même contribué à mettre en place avec des collègues une conférence sur Haïti et le France dans mon lycée. Intitulée "Histoires et interculturalité franco-haïtienne", cette conférence a permis à près de 400 lycéens et étudiants d'écouter et de dialoguer avec deux universitaires spécialistes de la question. Il s'agissait de M. Rafaël Lucas, maître de conférences à l'université Bordeaux 3, membre du Centre d'Etudes Littéraires et Linguistiques Francophones et Africaines (CELFA); et de Jacques de Cauna, université de Pau et des Pays de l'Adour, membre du Centre International Recherche sur les Esclavages du CNRS (CIRESC). Cette initiative a largement été soutenue par la direction du lycée qui envisagerait de former de jeunes haïtiens aux métiers de l'imprimerie, une des spécialités du lycée. Affaire à suivre.

    Toujours dans le même lycée, à l'initiative d'un élève et grâce au soutien de la Vie Scolaire, on va organiser un tournoi sportif. Chaque participant donnera 1,50 € pour Haïti. Ce sont ces mêmes lycéens qui avaient pris de leur temps pour écouter et débattre pendant trois heures avec nos universitaires. Comme quoi, les jeunes sont aussi soucieux de contribuer, même modestement, à la reconstruction d'Haïti.

    J'annoncerai au moment opportun d'autres initiatives et actions entreprises pour éviter qu'Haïti ne sombre dans l'oubli.